Utilisation de la cartouche caoutchouc Gomme Cogne adaptée au calibre 12x70

Gomme cogne calibre 12x70

1. PRESENTATION DE LA CARTOUCHE CAL.12X70 BALLE

1.1 DESCRIPTION

  • Nom du système : Cartouche caoutchouc balle de défense (CCBD).
    Type du système : Balle en caoutchouc adaptée au calibre 12x70.
    Développeur : HUMBERT CTTS.
    Dotation : En dotation dans la Gendarmerie nationale dans le cadre des OPEX, GIGN et GPI de Guyane.
    Utilité opérationnelle : Surtout utilisée dans le cadre des opérations nautiques, rideau interception, protection de site, opérations orpaillages.
    Classification : Cette balle est  un Moyen de force intermédiaire, elle permet de neutraliser un individu à 15-20 mètres. Elle est classifiée en 5éme cat.
    Attente opérationnelle : Projectile d’impact
    Inconvénient de la munition : Pour une arme en semi-auto type Benelli M4, l'utilisation de la cartouche caoutchouc balle de défense de par sa faible charge (123gr) devient délicate car le cycle d'emprunt des gaz est trop faible. Au GPI de Cayenne, la gomme cogne est utilisée avec le fusil à pompe manuelle REMINGTON.


1.2 CARACTERISTIQUES TECHNIQUES:

  • Adapté au Cal.12- Balle sphérique en caoutchouc -Forte détonation (130 dB)
  • La cartouche caoutchouc balle de défense existe en projectile unique ou en chevrotine.
  • Etui :Diamètre de 70mm-tube translucide – culot en laiton 16mm
  • Poids: 3,30g
  • Vitesse: 460m/s
  • Energie : Le 12/70 dispose d'une énergie de 145 joules à 10 mètres.
  • Les effets possibles :Ko technique, ecchymoses, parfois bris d’os selon la distance d’utilisation et l’état de l’individu).
  • Risques de lésions dangereuses (rupture de la rate, lésions intestinales, oculaires, hémothorax…) à court distance.


1.3 TRAUMATAULOGIE ET MECANISMES LESIONNELS DU PROJECTILE «CCBD».

1.3.1Généralités
Par définition, le projectile d’impact est destiné à transmettre son énergie cinétique à l’individu ciblé au niveau de la zone ciblée et ce, sans pénétrer cette dernière.

D’un point de vue terminologique, les mécanismes lésionnels induits par le projectile d’impact peuvent être regroupés sous le terme générique de «traumatisme par objet contondant ». De manière générale, l’objet contondant présentant ses caractéristiques propres (forme, rigidité, orientation) heurte une surface corporelle donnée, transmet à celle-ci de l’énergie et cette dernière est responsable ou non de l’apparition d’une lésion.

La réponse biomécanique du corps à l’impact comporte 3 éléments:
- l’inertie de la zone corporelle impactée,
-  la résistance élastique des tissus (dépendante du degré de compression),
-  la résistance visqueuse des tissus (dépendante de la vitesse de compression).

Le risque de lésion squelettique ou organique interne est donc proportionnel à l’énergie absorbée par les propriétés tissulaires viscoélastiques.

Pratiquement,  ces 3 éléments (inertie, résistance élastique et résistance visqueuse) « s’associent » pour résister à la déformation de la zone corporelle soumise à l’impact. Lorsque les tissus sont déformés au-delà d’une limite de réversibilité, les lésions surviennent.

1.2.3 Mécanismes lésionnels :
Les lésions corporelles secondaires aux projectiles d’impact sont classées en deux groupes principaux :

-  les  lésions superficielles concernant peau et le tissu sous-cutané, à savoir :
•    ecchymose (infiltration hémorragique),
•    hématome (collection hémorragique),
•    abrasion (frottement avec décapage épidermique),
•    lacération (plaie = lésion pénétrante),

-  les lésions profondes concernant les organes et tissus situés à l’étage inférieur à celui sus décrit, à savoir :
•    fracture osseuse,
•    rupture vasculaire,
•    lésions organiques : organes pleins (rein, foie, rate, …), organes creux (tube digestif, poumon,…).


*Il est donc essentiel de bien cerner ces deux mécanismes lésionnels car une personne ciblée et touchée par un projectile d’impact pourrait présenter des lésions dites « internes » sans nécessairement souffrir d’une lésion superficielle pénétrante… Un bilan radiologique « interne » pourrait donc s’avérer systématiquement nécessaire.

1.2.4 Mesure de l’efficacité des projectiles d’impact.
La question la plus délicate posée en létalité réduite concerne la mesure de l’efficacité du projectile lorsqu’il percute la personne ciblée.

Les objectifs visés dans l’exploitation de l’énergie cinétique sont le repoussement voire  la neutralisation d’un  individu ciblé par une douleur au point d’impact du projectile qui soit suffisante en termes d’intensité et de durée.

Les valeurs énergétiques ci-après ont été relevées par Ph. DRAPELA dans son travail effet balistique des projectiles d’impacts présenté le 20.3.2008 à Bern, lors d’une réunion sur les armes à létalité réduite.

Ces valeurs énergétiques seuils étaient rapportées à la capacité de la personne ciblée à recouvrir ses fonctions :

-  à plus de 120 J, seraient décrits :
une perte complète de la capacité à se battre,
une limitation de la capacité à se battre pendant 15 à 20 jours,
un rétablissement complet en 30 à 60 jours,
une possibilité d’issue fatale.

-  entre 40 et 120 J, seraient décrits :
une perte complète de la capacité à se battre durant 3 à 5 minutes,
une limitation de la capacité à se battre inférieure à 10 jours,
un rétablissement complet en moins de 30 jours.

-  en dessous de 40 J, seraient décrits :
une perte complète de la capacité à se battre durant 1 à 3 minutes,
une limitation de la capacité à se battre inférieure à 15 minutes,
un rétablissement complet en moins de 24 heures.

1.2.5 Zones corporelles à risques :
En théorie, les régions corporelles particulièrement vulnérables et donc à risque de présenter des lésions sévères ou fatales lors de l’utilisation des projectiles d’impacts sont :

  1. la région céphalique vu la fragilité oculaire, des os de la face, de l’appareil respiratoire supérieur (larynx et trachée) et la présence « superficielle » des axes vasculaires jugulo-carotidiens,
  2. la région inguinale vu la présence « superficielle » des axes vasculaires fémoraux,
  3. le thorax vu la fragilité relative des côtes  et espaces intercostaux antérieurs d’où  le  risque  de  lésions  directes  ou  indirectes  des  organes  intra  thoraciques (cœur, poumons et gros vaisseaux),
  4. l’abdomen  supérieur vu  la présence  relativement  superficielle des organes  richement vascularisés que sont le foie et la rate,
  5. la région dorsolombaire vu la présence superficielle de la colonne vertébrale abritant  la moelle épinière et, de part et d’autre de  la colonne vertébrale, des reins en position relativement superficielle.

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Date de dernière mise à jour : Mer 15 Fév 2012